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A quoi bon indiquer à des amis la présence d’un aldéhyde particulier dans un aliment particulier, cet aldéhyde particulier étant essentiel dans le goût de cet aliment ?

A quoi bon indiquer à des amis la présence d’un aldéhyde particulier dans un aliment particulier, cet aldéhyde particulier étant essentiel dans le goût de cet aliment ?

La question peut-être prise sous deux angles :
- tout d’abord, à quoi bon savoir quelque chose ?
- et ensuite en quoi savoir ce quelque chose peut-il être utile en pratique ?

Comparons la connaissance sur la présence d’un aldéhyde spécifique à la connaissance de la loi d’Ohm, qui décrit le passage d’un courant électrique dans un conducteur.
Dans les deux cas, l’intérêt scientifique était d’explorer les mécanismes des phénomènes : de même qu’un courant électrique passe d’une façon particulière dans un fil conducteur, de même des composés particuliers sont responsables du goût d’un aliment.

Jusque-là, tout vas bien, et il n’y a pas lieu de chercher plus loin : la science (physique d’un côté, chimique de l’autre) a fait son travail, qui est d’explorer les mécanismes des phénomènes, et elle procure des informations sur le monde.

Mais je sais bien que beaucoup de nos concitoyens réclament une utilité pratique. Ils ont sans doute raison, mais il ne faut pas demander cela à la science, mais à la technologie, qui est précisément l’application des travaux scientifiques à l’amélioration des techniques.

Pour la loi d’Ohm, qui décrit le passage du courant électrique, il y a des applications pratiques, quotidiennes, dès qu’on fait un peu d’électricité.
Pour la présence d’un composé particulier dans un aliment, il en va exactement de même, car les aromaticiens et parfumeurs ont absolument besoin de cette connaissance pour travailler.

Autrement dit, pour l’instant, je vois tout à fait identiques la connaissance de la présence d’un composé particulier dans un aliment particulier et la connaissance de la loi d’Ohm.

Là où se présente une différence, c’est que l’éthanal, par exemple, est raccroché à cette catégorie moléculaire qui est celle des aldéhydes. À quoi bon ? Je crois avoir donné la réponse ailleurs, à savoir que, dans l’immensité des composés existants, on y voit plus clair si l’on segmente, si l’on catégorise.
On peut faire cette catégorisation de bien les façons : du point de vue toxicologique, nutritionnel, physique, biologique ou moléculaire. Toutefois on n’oubliera pas d’abord que les aldéhydes ont été identifiés par les chimistes, et il me semble que la première caractérisation devrait être la connaissance moléculaire de l’objet.

Autrement dit il n’est pas anodin de savoir que l’éthanal est un aldéhyde, car cela le rapproche d’autres aldéhydes, tels le méthanal ou le propanal, avec des propriétés communes, notamment de réactivité.

Après ? A chacun de chercher des applications !

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