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Combattons les mauvaises utilisations du mot "arôme" !

Le blog de Hervé This : http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html->http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html]

Je reviens de Grasse... où j’ai en vain cherché les champs de lavande ou de roses qui ont fait la prospérité de la région. Là, des maisons, des routes... et des sociétés de parfums et "arômes".

Arôme ? Le dictionnaire me dit que c’est l’odeur d’une plante aromatique, d’un aromate. Il n’y a donc pas d’arôme de viande, ou de café, ou de vin. D’ailleurs, pour le vin, l’odeur est nommé le "bouquet". Alors arômes ?

Certes, il y a une réglementation qui nous dit que les "arômes" sont des produits (on observe le mot "produit" : ce n’est donc pas naturel, puisque c’est produit, sous entendu produit par un être humain) utilisés par l’industrie alimentaire pour donner du goût à une préparation. Un usage qui n’est pas celui de la langue commune, donc. Et c’est là que tout s’aggrave. Comme pour le "fait maison", déterminé par une loi et ses décrets d’application, comme pour les "aliments naturels" (en réalité, prétendument naturels) qui faisaient l’objet d’une réglementation, il y a des positions que prend l’Etat à partir de sollicitations de l’industrie, et il faut bien observer que, sous prétexte d’emploi (je vous propose d’assister un jour à la discussion d’un responsable local et d’un industriel local : c’est édifiant), la collectivité est trompée. Trompée, parce que le gauchissement d’un mot le rend déloyal.

Application. Le mot "arôme" est loyal quand il désigne une odeur d’aromate, mais il est déloyal quand il nous trompe en nous faisant croire qu’il y a de la fraise dans un yaourt, alors qu’il n’y a que des composés odorants. Ou encore l’expression "fait maison" est loyale quand elle indique que le restaurateur a produit une tarte au chocolat en partant de farine, d’œufs, de beurre, de chocolat... mais elle est déloyale (bien légale, hélas) quand la tarte est faite d’une parte surgelée, où l’on a mis un petit pot de mousse au chocolat. Dans tous ces cas, il ne s’agit pas de qualité, mais de loyauté !

Pis encore, pour la France : le mot "arôme" est accepté par la réglementation pour des préparations de composés odorants, et aussi utilisé pour désigner l’odeur rétronasale. Je ne sais comment cela s’est fait, sans doute par négligence, mais des même la science et la technologie des aliments en sont venus à parler d’arômes pour désigner l’odeur rétronasale. Mes collègues et amis sont-ils, ont-ils été, trop paresseux, insuffisamment créatifs, pour introduire une terminologie particulière ? D’autant qu’ils ont doublement fauté : une fois en étendant le mot "arôme" à des produits qui ne sont pas des plantes aromatiques, puis une autre fois en désignant par "arôme" une odeur rétronasale, alors que l’arôme, en français, désigne une odeur anténasale !

Et je suis bien désolé de vous dire que nos amis anglophones, eux, ne se sont pas trompés. Les préparations qui donnent du goût sont nommées flavourings, et le goût est nommé flavour. Or c’est un fait que les préparations de l’industrie alimentaire donnent à la fois de l’odeur et de la saveur, voire de la fraîcheur, donc du goût !

Au total, le public, les citoyens, les "consommateurs" comme les désignent l’industrie, sont non seulement fautifs, mais peut-être également paresseusement obstiné. Comment n’ont-ils pas perçu que le public, depuis des décennies, refuse leurs produits, non pas parce qu’ils seraient de moindre qualité, mais parce qu’ils sont trompeurs, déloyaux ?

Et, surtout, pourquoi n’ont-ils pas cherché à valoriser leurs produits, qui sont en réalité superbes ? Il n’est pas trop tard ! Je propose que nous rebaptisions ces produits compositions, quand ce sont des compositions, ou extraits, quand ce sont des extraits. Sans y accoler le mot "naturel", qui plombe le débat, parce que les aliments n’étant jamais naturels, il est inutile de signaler une origine "naturelle".

Compositions ? Il y a donc quelqu’un qui a travaillé, comme un artiste, qui a composé. Extrait ? C’est donc extrait d’un produit, lequel sera sans doute dans la nature, qu’il s’agisse d’une fleur sauvage ou d’une fleur cultivée, par exemple.

Bref, n’hésitons pas une seconde, ne restons pas dans cet état collectivement délabré. Changeons nos appellations... en vue d’essayer d’être au niveau de nos amis anglophones. Cessons de tromper même malgré nous (j’ajoute cela parce que mes amis parfumeurs et ... aromaticiens sont des gens souvent honnêtes, qui font un superbe métier, lequel mérite mieux que des mots détournés).

Bref, introduisons pour l’industrie les mots de "composition" et d’"extrait". Compositions gustatives, extraits gustatifs, par exemple.

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