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Enseignement, actualité et culture générale

Oui, ces billets n’engagent que moi :
voir le blog http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html
Mais j’invite tous ceux qui veulent faire mieux (ce qui est mieux que faire seulement bien) à m’aider, en me proposant des améliorations : icmg chez agroparistech.fr

Note préliminaire : j’ai résolu de considérer les étudiants comme de jeunes collègues, ou, mieux, comme des collègues, mais pour les besoins de clarté, dans ces billets consacrés aux études, j’utilise l’expression "jeunes collègues" pour désigner les étudiants, et professeurs pour désigner les "professeurs", sans distinction de grade (un professeur, c’est un professeur).

Des jeunes collègues me signalent à quel point ils apprécient les séances publiques de l’Académie d’agriculture de France, et cela me fait évidemment plaisir, car je vois que nous ne nous donnons pas du mal pour rien. D’une part, nos podcasts sont visionnés, et, d’autre part, ils sont appréciés. Cela étant, ce qui m’est dit mérite analyse.
Partons donc d’un verbatim :

Enfin, un dernier point un peu plus global. La première année étant une année de tronc commun, elle est censée nous fournir une culture générale sur les différentes thématiques dans lesquelles s’inscrit notre école ; or, nous avons clairement l’impression que ce n’est pas le cas à bien des égards.
En effet, nous n’avons qu’une culture générale modérée sur les grands enjeux que sont l’agriculture durable, le changement climatique et l’agro-alimentaire et la santé humaine, d’autant plus que nos connaissances sur ces sujets proviennent plus de lectures personnelles que des cours.
Nous pensons qu’il serait important de développer cela pour fournir à chacun un bagage culturel solides sur toutes les problématiques globales auxquelles s’intéresse notre école.
Cela pourrait être fait un peu sur le modèle des séances de l’Académie d’agriculture en proposant des conférences sur un thème précis (par exemple, quelle place pour l’agro-écologie dans l’agriculture durable ?) et en fournissant aux étudiants des états de l’art sur les controverses qui agitent notre sociétés (par exemple, un état de l’art sur les arguments POUR et CONTRE l’utilisation des OGM).
Cette dernière remarque est un peu la synthèse des précédentes au travers d’un exemple : transmettre aux étudiants une culture scientifique solide sur les grands enjeux de notre temps par le biais de cours visant à répondre à une question, les faire intervenir en posant volontairement des questions faisant débat et leur fournir des documents rédigés faisant la synthèse des arguments évoqués serait très enrichissant, aussi bien pour les étudiants que pour les professeurs.

Bon, oui, donner une solide culture scientifique sur les grands enjeux de notre temps n’est pas inutile, bien au contraire.
Faire "intervenir les étudiants" ? Bien sûr, car il faut que les étudiants soient actifs : eux seuls peuvent apprendre.
Partir de questions qui font débat ? Là, c’est plus contestable, car faut-il organiser du café du commerce ? Souvent, les débats sont des affrontements d’opinions, alors que le retour aux faits annihilerait la discussion (nos concitoyens adorent perdre leur temps à tchatcher, hélas).
Fournir des documents rédigés faisant la synthèse des arguments évoqués ? Et puis quoi encore : border les étudiants dans leur lit, aussi ? Ne peuvent-ils pas faire l’effort d’aller chercher les arguments, d’apprendre à faire la synthèse, d’étudier pour avoir à la fois les informations, les notions ou concepts, les méthodes, les valeurs relatives aux sujets traités ? Nos jeunes collègues n’en sont plus, j’espère, à recevoir la becquée !

Mais continuons différemment : nos jeunes collègues font l’éloge des séances publiques de l’Académie de l’agriculture, où sont discutées des questions d’actualité : le glyphosate, les OGM, l’influence de l’urbanisation sur les inondations... Ces sujets sont sans doute intéressants pour certains (pas tellement pour moi), mais ils sont trop éloignés de mes préoccupations pour que je puisse vraiment en faire une analyse un peu raisonnable, de sorte que je propose plutôt de considérer des séances de l’Académie d’agriculture consacrées à l’alimentation, champ que je connais mieux, et où je connais particulièrement bien les séances correspondantes de l’Académie d’agriculture... puisque je contribue à les organiser.
Les séances récentes dans ce champ ? La réévaluation toxicologique des additifs, la possible augmentation du nombre d’allergies alimentaires, la notion pourrie et chimérique des aliments prétendument "ultra-transformés" (oubliez vite ce fantasme idéologique), les relations entre le bois et les aliments...
Tous ces sujets sont évidemment très intéressants... sans quoi nous n’aurions pas décidé d’en faire des séances publiques de l’Académie d’agriculture. Mais la question n’est pas savoir si ces sujets sont intéressants dans l’absolu, mais seulement s’ils sont intéressants -disons utiles- dans le cadre de l’analyse que je fais ici. Car la vraie question est de savoir comment tout cela peut s’inscrire dans le cadre d’études, et mieux même, de savoir si cela doit s’inscrire dans le cadre d’études : après tout, le fait que quelque chose soit intéressant n’est peut-être pas toujours pertinent pour des études particulières. Par exemple, je peux me passionner pour l’aménagement rural des Hauts de la Réunion sans que ce sujet ne doive nécessairement faire l’objet d’études dans une école de physico-chimie. Au fond, c’est à l’institution de déterminer ce que doives étudier les élèves d’une école ou les auditeurs de l’Université, en fonction d’objectifs affichés pour l’institution. Et avec ça, on compose avec les projets personnels des étudiants.

Donc oui, il y a les sujets d’actualités qui intéressent les étudiants... et qui ne m’intéressent pas du tout, car je sais trop bien qu’elles sont déterminées par ceux qui la font, que la presse a pour mission de vendre du papier et que les sujets se succèdent, souvent avec des traitements catastrophistes qui sont là pour susciter de l’audience. Personnellement, cela me fait récuser l’actualité, mais je ne suis pas assez insensé pour ne pas savoir que mes contemporains s’y intéressent, même si elle leur fait perdre du temps, même si elle les abêtit, même si elle les manipule... D’ailleurs, mon entourage ne cesse de m’opposer des arguments de très mauvaise foi pour justifier cette compulsion vers l’actualité qu’ils ont. Certains me disent que l’on a besoin d’être au courant, d’autres me disent que oui, ils savent bien que les informations données sont fausses mais ils regardent cela avec un regard critique et peuvent croiser les sources (ce qu’ils ne font pas) ; d’autres encore me signalent qu’ils ont besoin de savoir quel sujets sont discutés sur la place publique pour inscrire leurs activités dans le cadre contemporain... Et ainsi de suite à l’infini. Mais en réalité je crois plutôt qu’il y a une raison biologique à vouloir être au courant des choses : une raison biologique au sens de l’évolution biologique, peut-être une raison sociale, et je sais aussi que mes semblables ont besoin de s’inscrire dans un groupe, de partager des informations même fausses : le point c’est le partage qui est important plus que l’information

D’ailleurs, dans un système d’étude, plus que la formation elle-même, c’est la méthode qui est importante et en réalité à peu près quel sujet peut être discuté. Par exemple, le glyphosate peut parfaitement faire l’objet d’une étude physico-chimique : il s’agira alors d’examiner sa constitution, sa réactivité, sa formulation, sa dispersion lors de l’emploi... Cela pour de la physico-chimie, mais pour les biologistes, on pourrait parfaitement aller regarder les questions de toxicologie, de physiologie, de métabolisme... Dans des institutions d’études politiques, il y aurait beaucoup à dire sur les discussions sociales et politiques à propos du glyphosate. Et ainsi de suite pour les diverses institutions d’études supérieures.
Au fond, si un sujet d’activité est une bonne amorce, alors pourquoi ne pas l’utiliser ? Oui, pourquoi pas... mais, d’expérience, j’entends quand même le retour des jeunes collègues : imaginons que l’on ait pris le sujet du glyphosate et qu’on l’ait traité du point de vue physico-chimique : e suis quasiment sûr que le reproche sera fait que la toxicologie n’ait pas été abordée. Or la toxicologie n’est pas mais peut-être pas dans la cible de formation de l’institution, et l’institution n’a pas à traiter tous les aspects de tous les problèmes. Il y a des choix à faire et ces choix doivent être pertinents, raisonnés explicitement, fondés sur les attendus et les prérequis qui conduisent parfois à exclure des sujets que certains voudraient examiner.
D’ailleurs, pourquoi ne le feraient-ils pas par ailleurs ?

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