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La traçabilité

Nous sommes bien d’accord que nos méthodes doivent s’évaluer à l’aune d’un peu de grandeur. Pour des scientifiques, dont le rêve est d’agrandir le domaine du connu, il ne peut être question de flicage. En revanche, nos bonnes pratiques visent à nous aider à atteindre notre but, qui est de faire des découvertes.

Or nous œuvrons aussi bien de façon individuelle que collective, et les données que nous produisons visent donc à favoriser nos découvertes ainsi que celles que peuvent faire nos collègues, avec leurs compétences particulières. D’un même jeu de données, j’aurais tendance à dire que deux scientifiques qui ont un minimum de style (voir un autre billet) produiront des travaux différents. Bien sûr, je discute là la production de mécanismes, et non pas la découvert d’objets du monde tel que pourrait en donner un nouveau « microscope ». Mais j’aurais tendance aussi à dire que ces nouveaux microscopes sont surtout intéressants par la vision nouvelle qu’ils donnent que par l’infinité des nouveaux objets qu’ils révèlent.

Et j’en reviens donc à la traçabilité des données. Nos études s’étendent sur des années, des décennies, une vie, et rien n’est pire que de devoir refaire une expérience longue dont les résultats n’auraient pas été bien consignés.
C’est donc un bon conseil à donner à nos jeunes amis et à nous même que de s’assurer d’une parfaite traçabilité des données. Jadis le cahier de laboratoire faisait parfaitement foi, mais l’avènement du numérique, qui a été précédé par l’électronique, nous a donné des spectres en grand nombre, et a considérablement modifié les pratique.
Le petit minimum, aujourd’hui, c’est que nous sachions comment nos données ont été obtenues, par qui, comment, dans quelles circonstances, avec quel appareil… On arrive ici à une discussion ancienne à propos des parties « Matériels et méthodes » de nos articles : on disait jadis que ces parties devaient décrire si bien les expériences que n’importe qui au monde devait pouvoir les reproduire. Cela est vrai en théorie, mais en pratique, il s’agit surtout de donner à nos collègues, lecteurs de nos articles par exemple, des moyens de comprendre comment nous sommes arrivés au résultat que nous proposons. Cela, c’est déjà de la communication, mais je préfère de beaucoup me parler à moi-même, c’est-à-dire d’être bien certain moi-même, avant l’évaluation par des collègues, que les données que je produis sont correctement obtenues.
A cette fin, je dois me mettre en mesure de répondre à un « rapporteur bienveillant », c’est-à-dire une personne qui s’assure que j’ai choisi en connaissance de cause toutes les circonstances des expériences mises en œuvre. J’utilise une balance : laquelle et pourquoi ? Je choisi une qualité de solvant organique : quelle qualité et pourquoi ? Evidemment, je me serai préalablement questionné sur le choix des solvants : pourquoi tel solvant et pas tel autre ? Je mets en œuvre une séquence d’analyse par résonance magnétique nucléaire : laquelle et pourquoi ? Dans cette séquence, il y a des paramètres : comment les ai-je choisis ?
Et ainsi de suite. Les réponses à toutes ces questions étoffent les parties « Matériels et méthodes » de nos articles, et elles ressortissent de la traçabilité, même si elles dépassent un peu cette idée. Pour en revenir à l’intérêt de la traçabilité stricto sensu, une anecdote qui concerne le CERN est éclairante. Les expérimentateurs avaient observé une variation périodique du signal : la consignation de ces variations a permis de comprendre qu’il y avait deux causes de fluctuations, à savoir les marées terrestres (ce qui signifie que la Terre elle même se déforme quand elle est attirée par la Lune) et le passage du TGV Paris-Genève. C’est la décorrélation des signaux par ces deux causes qui a permis de donner un signal de détection épuré avec lequel des travaux ultérieurs ont été possibles.
Les exemples de ce type sont innombrables, et ils expliquent pourquoi il y avait toujours thermomètre et un hygromètre dans les laboratoires de chimie : il est fréquemment indispensable, rétrospectivement, de connaître les conditions dans lesquelles les expériences ont été faites pour interpréter les résultats desdites expériences : en effet, s’il fait chaud, les volumes se dilatent, les solvants s’évaporent davantage, etc. S’il fait humide, alors les matériaux hygroscopiques pourront se charger d’eau, de sorte que leur masse augmentera.

Décidément, la traçabilité des expériences et des données est vraiment indispensable pour l’exercice de la recherche scientifique.

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