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Les fonctions rendues par l’agriculture urbaine

Les fonctions suivantes peuvent être rendues par des projets d’agriculture urbaine :

Les différentes fonctions de l’agriculture urbaine, d’après Duchemin, 2008

La fonction alimentaire

L’une des premières fonctions attendues par l’agriculture urbaine est bien sûr celle de production alimentaire. Une étude prospective à l’échelle mondiale datée de 2018, A Global Geospatial Ecosystem Services Estimate of Urban Agriculture, projette que la production alimentaire annuelle délivrée par l’agriculture urbaine pourrait se situer entre 100 et 180 millions de tonnes (Clinton, 2018).

Nombre de ménages participant activement à la production agricole en milieu urbain dans les pays en développement (d’après Hamilton et al., 2014)

Près de 266 millions de ménages sont déjà impliqués activement en production agricole en ville dans les pays en développement (Hamilton, 2014).
L’agriculture urbaine peut être vue comme une opportunité de fournir à la ville des produits frais, à maturité, subissant peu de transport et ne nécessitant que peu de conservation. D’autre part l’agriculture urbaine et périurbaine a été reconnue comme une stratégie propre à atténuer l’insécurité alimentaire urbaine et à bâtir des villes plus résilientes face aux crises par le Comité de l’agriculture en 1999 puis l’ONU en 2008 (FAO, 2012). Elle permet un accès à une alimentation plus équilibrée et variée à des prix abordables donc contribue à une meilleure sécurité alimentaire.

La fonction alimentaire a été davantage étudiée dans les pays du sud que ceux du nord (Aubry, 2013 ; Orsini, 2013).

Dans les pays du Sud :
Cette fonction a une importance majeure dans un contexte où les infrastructures de transport sont moins développées et où il y a peu (ou pas) de transport frigorifique (Ba, 2007 ; Dubbeling et al., 2010). "Elle est pratiquée depuis longtemps comme moyen de subsistance et stratégie de survie, et encore davantage avec la flambée des prix alimentaires et les perturbations des approvisionnements vivriers. Les ménages urbains pratiquant l’agriculture urbaine et périurbaine bénéficient normalement d’une meilleure sécurité alimentaire et d’un régime alimentaire plus varié. " (FAO, 2012).

Dans les pays du Nord :
La question de la sécurité alimentaire en lien avec l’agriculture urbaine est évoquée dans les pays du Nord (Opitz, 2016), même si elle est plus prégnante dans les pays du Sud. La fonction alimentaire de l’agriculture urbaine dans les pays du Nord est plutôt étudiée par rapport à la consommation de produits locaux (Allen et al., 2003 ; Perrin, 2018) et par rapport à la lutte contre l’obésité dans les villes (Alaimo et al., 2008 ; Litt et al., 2011). De plus en plus de villes établissent des stratégies alimentaires dans lesquelles cette production est mise en avant voire planifiée dans des documents d’urbanisme ou de politique communale (Perrin, 2018).

A titre d’exemple
90% du cresson consommé à Antananarivo à Madagascar est issu de l’agriculture urbaine, ainsi que 85% des tomates et 100% des choux fleurs (Dabat et al., 2004). A Hanoi au Vietnam c’est 80% des légumes, 50% de porc, de la volaille et du poisson frais qui en proviennent (ETC, 2003 ; Nugent, 2000).

La fonction économique

L’agriculture urbaine contribue à l’économie locale. C’est par exemple le cas lors de la création d’entreprises de production, d’aide à l’installation, d’expertise etc. L’AFAUP, pour Association Française d’Agriculture Urbaine Professionnelle, a vu le jour en 2016 pour faire connaitre les métiers et rassembler les acteurs de l’agriculture urbaine.
L’économie locale créée peut apporter une sécurité contre la fluctuation des prix internationaux des denrées alimentaires et générer des emplois directs et indirects (Amstrong, 2000).
Dans les pays du Nord, la recherche de modèle économique pour les exploitations d’agriculture urbaine demeure un enjeu important.

A titre d’exemple
A Dar es Salaam en Tanzanie, l’agriculture urbaine était en 1998 le deuxième fournisseur d’emplois (Sawio, 1998). A Nairobi au Kenya, les plus hauts revenus de l’emploi indépendant en petites entreprises sont atteints en agriculture urbaine (House et al.,1993).

Pour en savoir plus :
7ème numéro de l’UA Magazine du RUAF, 2002 : Economic Aspects of Urban Agriculture
Article paru dans The Conversation, 2018 : Les projets d’agriculture urbaine peuvent-ils être viables ?

La fonction environnementale

Des études comparent des systèmes de production urbains ou ruraux du point de vue de leurs impacts environnementaux via des analyses de cycle de vie (Sanyé-Mengual, 2015 ; Goldstein janvier 2016 et novembre 2016 ; Benis, 2007). Une thèse a démarré en 2018 à AgroParisTech pour avoir une meilleure vision de l’impact environnemental de l’agriculture urbaine avec des analyses de cycle de vie des différentes formes d’agriculture urbaine.

L’agriculture urbaine constitue un levier pour re-végétaliser l’espace urbain avec l’ensemble des bénéfices environnementaux (aussi appelés services écosystémiques*) qui peuvent y être associés. Ces derniers peuvent être : réduire la température des villes, réduire la pollution atmosphérique et acoustique, retenir l’eau de pluie, protéger contre les inondations, stocker du carbone, valoriser des déchets organiques... (Berardi, 2014 ; Grard, 2017 ; Clinton, 2018).

Elle pourrait également réduire le coût énergétique de l’alimentation et les émissions de gaz à effet de serre du fait de la réduction du temps de transport et de l’utilisation des emballages (Sanyé-Mengual, 2015).

L’agriculture urbaine peut également fournir des habitats pour la flore et faune, permettre la protection de la biodiversité cultivée et spontanée (Lin, 2015). La biodiversité cultivée est en effet particulièrement riche sur ces sites.
Les pratiques sont souvent alternatives (agriculture de type biologique même sans certification, sans OGM, sans pesticides et engrais de synthèse) et associées à un recyclage des déchets générés par la ville.

Toutefois, les services rendus par l’agriculture urbaine dépendent bien sur des formes utilisées et sont encore peu évalués alors que cela pourrait permettre de les optimiser.

A titre d’exemple
La ferme sur les toits Brooklyn Navy Yard à New York a été financée à la hauteur de 600 millions de dollars US par le Département de Protection de l’environnement de la ville pour les services qu’elle rendait en ce qui concerne la rétention des eaux de pluie. Ces fonds proviennent d’un programme porté par la ville de New York pour soutenir des projets innovants d’infrastructures écologiques dans le but de réduire de 14 millions de gallons (soit près de 53 millions de litres) les volumes d’eau rejetés et de réduire le ruissellement des eaux de pluies de 40%. Avec ses 6000 m² de surface, la ferme permet d’intercepter un million de gallons (soit près de 4 millions de litres). Cette interception de l’eau contribue à désengorger le réseau des égouts et à réduire l’érosion des sols à Brooklyn.
Pour en savoir plus :
Article de NYC Environmental Protection, 2011 : DEP Awards $3.8 Million in Grants for Community-Based Green Infrastructure Program Projects

Ferme de Brooklyn Grange Farm (photo de Rockrose Development)

Les fonctions sociale, pédagogique et récréative

L’agriculture urbaine est présentée comme une activité qui peut permettre de lutter contre l’exclusion, de réinsérer des personnes dans la vie active, de créer du lien entre citadins. Elle peut être source d’équilibre personnel, de bonne santé grâce à l’activité de jardinage et à l’accès à des produits frais (OMS, 2016 ; Darmon, 2018) et peut réduire la criminalité, la délinquance et la consommation de drogues et d’alcool (Brown & Jameton, 2000). Dans un contexte de méfiance vis-à-vis des produits transformés, elle permet de se rapprocher de la nature et de reprendre confiance en des produits alimentaires d’origine connue.

A titre d’exemple
A Paris l’association Veni Verdi a pour objectif de créer des potagers en milieu urbain. Au sein du collège Pierre-Mendès-France dans le 20ème arrondissement, classé en réseau d’éducation prioritaire, sont installés 4 500 m² d’espaces verts. Les collégiens, avec l’aide de l’association, transforment petit à petit cet espace pour la mise en culture sous formes de projets pédagogiques avec les professeurs de sciences de la vie et de la terre et avec des ateliers pour les volontaires. Les récoltes sont vendues dans une épicerie sociale et solidaire.

Micro-ferme de Veni Verdi au collège Pierre Mendès (photo d’Emilie Graffieri sur Blogs.paris.fr)

La REcyclerie est une ferme urbaine située à la Porte de Clignancourt à Paris. En bordure d’une ancienne ligne ferroviaire, elle abrite un potager, un poulailler, des zones végétalisées, et un système de compostage. Des visites sont régulièrement organisées pour tout public et des bénévoles participent à l’entretien du potager. En outre, des événements sont organisés sur place comme par exemple un atelier de bricolage et réparation ou encore du « Do It Yourself » (apprendre à créer des objets par soi-même).

Le restaurant de la Recyclerie (photo de Larecyclerie.com)

L’importance pour ces différentes fonctions varie selon si le projet d’agriculture urbaine est en pays du Sud ou en pays du Nord (Aubry et Pourias, 2013). En pays du Nord, la fonction récréative est la fonction la plus recherchée contrairement aux pays du Sud où l’intérêt pour ces projets porte sur l’approvisionnement en produits frais. Ces tendances évoluent cependant. Dans les pays du Sud, certaines villes commencent à prendre en compte la fonction récréative et environnementale. Dans les pays du Nord, la fonction alimentaire de l’agriculture de proximité est en marche mais davantage pour son intérêt qualitatif (produits frais et diversité) que quantitatif.

Différence d’importance des différences fonctions de l’agriculture urbaine en pays du Sud et du Nord (d’après Aubry et Pourias, 2013) avec (f) = fonction

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