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Les questions de sécurité

Le blog de Herve This : http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html->http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html]
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En 2016, aux États-Unis, un chimiste qui avait publié beaucoup de résultats importants et qui avait été nominé « distinguished scientist » par la Société américaine de chimie a été dé-nominé après une enquête diligentée dans son laboratoire, suite à un grave accident qui s’y était produit. Un jeune scientifique du laboratoire avait été grièvement blessé, et il avait été établi qui des règles élémentaires de sécurité n’étaient pas appliquées, ce collègue n’ayant pas mis en œuvre des règles de bonnes pratique s en matière de sécurité.
Le mot est donc lâché : bonnes pratiques. Et, évidemment, la sécurité doit être au cœur de notre travail de laboratoire, et, pour la sécurité comme pour tous les aspects de notre travail, il y a lieu d’expliciter les règles.
Ce serait trop long, dans un billet, de refaire le document de sécurité que j’ai fait pour notre groupe de recherche : il a plus de 100 pages, qui doivent être lues attentivement. Mais on comprend qu’il y a lieu de commencer par une brève introduction… que voici peut être.

Je suis maintenant convaincu que la première chose à bien expliquer est la différence entre le danger et le risque.
Dans la vie, tout est dangereux : traverser une rue, utiliser un couteau dans une cuisine, marcher sur un trottoir mouillé, manger… mais la question n’est pas le danger, puisqu’il est partout. La question, c’est le risque : un couteau enfermé dans un tiroir à clé ne présente aucun risque. La vraie question est donc de réduire les risques, afin d’essayer d’éviter les accidents.
Ce serait naïf de croire qu’on peut toujours éviter éviter les accidents, car il y a de probabilités pour que des circonstances conduisent quand même à des accidents, mais il y a lieu de mettre en oeuvre des procédures pour que la probabilité de ces accidents devienne très faible.
Observons que les laboratoires sont généralement des lieux partagée, de sorte qu’il y a lieu de protéger nos collègues autant que nous-même. Ainsi, il faut expliquer que le port de la blouse et des lunettes, dans un laboratoire de chimie, s’impose même quand on ne manipule spas soi même : s’il y a quelqu’un qui manipule dans le laboratoire où nous entrons, il se peut que l’expérience conduite par ce collègue conduise à des projections qui ne nous épargneront peut être pas. D’où la blouse et les lunettes.
Mais je me vois là entrer dans ce gros document évoqué, et il faut que je m’arrête pour inviter mes amis à lire en détail ce document.
A le lire en le comprenant bien : il ne s’agit pas d’appliquer des règles, mais de comprendre des règles ! Une règle qu’on doit appliquer, c’est une contrainte, de sorte que nous ferons tout pour y échapper, comme quand le petit Marcel Pagnol à qui l’on disait de se laver les mains, allait faire vrombir le robinet sans se mouiller. En réalité, il n’y avait aucune difficulté à se mouiller, mais il voulait échapper à l’autorité, à la contrainte.
Nous sommes hélas des enfants, et pas prêts à appliquer des règles qu’on nous imposerait ; ce qui au fond est assez rassurant, car cela montre que nous souhaitons mettre la compréhension en premier. Il y a donc lieu d’expliquer les règles de sécurité et ne pas les imposer.
Pourquoi ne doit-on pas manger dans un laboratoire ? Parce que les vapeurs de solvants organiques, hydrophobes, iraient se dissoudre dans les graisses des aliments, de sorte q la même manière que les odeurs sont captées par le beurre, dans les réfrigérateurs. Mangeant des graisses ainsi contaminées, nous nous intoxiquerions !

Décidément, si les collègues du chimiste qui a été dé-nominé n’ont pas agi contrairement à des règles que le dé-nominé avaient toutefois édictées, alors il est légitime que le collègue ait été dé-nominé… à cela près que j’ai toujours des doutes sur les torts des « responsables »… car malgré toute les règles que nous avons nous-mêmes introduites, tous les documents que j’ai produits à propos de la sécurité, malgré toute l’attention que nous y portons, malgré les mises en garde répétées, malgré les explications que nous donnons, j’ai vu un jour des étudiants d’une école de chimie, en stage avec moi, qui faisaient bouillir du méthanol, hors d’une hotte, afin de le sentir ! Ici, un point d’exclamation est bien insuffisant, vu le danger de ce produit, qui rend notamment fou et aveugle.
Comment était-ce possible ? Il était bien stipulé que toute utilisation d’un composé devait être assortie de la lecture de la fiche de sécurité, de sorte que nos jeunes amis étaient sans doute au courant des dangers. Pourquoi ont-il alors agi comme ils l’ont fait ? Des années après, malgré mon enquête, je ne continue de ne pas comprendre par quel « tour du diable » nos jeunes amis ont ainsi bravé toutes les règles. Cela m’inquiète, non pas parce qu’ils pourraient être malades en n’ayant senti que pendant quelques secondes une vague vapeur de méthanol, mais surtout parce que si cela a eu lieu, d’autres comportements anormaux peuvent avoir lieu. Ne comprenant pas les raisons de leur acte, je ne peux pas éviter la répétition d’un épisode analogue, sauf à le signaler aux nouveaux arrivants, ce que je fais évidemment.
Bien sûr, collectivement, nous n’avons pas manqué d’analyser la chose, mais aucune raison claire n’est apparue, de sorte que je crois qu’il y a lieu de poursuivre, avec beaucoup de vigilance : décidément, le diable est caché derrière chaque résultat de calcul et derrière chaque geste expérimental.

Je termine en signalant que malgré la parfaite conscience professionnelle et la parfaite responsabilité de la majorité de mes collègues du monde entier, j’ai visité d’innombrables laboratoires où les bouteilles de solvant étaient en hauteur, avec le risque de tomber ; j’ai vu manipuler sous des hottes qui n’étaient pas en train de ventiler ; j’ai vu des blouses qui restaient ouvertes, en été, parce qu’il faisait trop chaud ; j’ai senti des odeurs de solvant dès l’entrée dans le laboratoire, parce que la climatisation était en travaux et que l’on avait besoin de travailler quand même…
Mais j’ajoute aussitôt que nous avons moins besoin de police que d’aide et de bienveillance, et c’est ainsi que je trouve utile les visites des collègues dans nos laboratoires, avec un œil neuf, et aussi avec l’idée partagée que nous sommes tous faillibles, malgré nos efforts. Voyant mieux la paille dans l’œil du voisin, nous irons facilement identifier des failles dans nos constructions de laboratoire, de sorte que l’intérêt de nous rendre visite est double : non seulement un collègue bienveillant ira nous aider à dépister des erreurs que nous pourrons corriger sans prendre des coups de bâton sur la tête par une police inflexible, mais, de surcroît, les collègues eux mêmes bénéficieront de ces visites parce que les failles qu’ils auront dépistées chez nous sont les mêmes que celles qu’ils auraient à identifier chez eux. Mieux encore, je propose une chaîne amicale, qui consisterait à inviter un collègue pour nous aider ; puis ce collègue devrait inviter un autre collègue, qui inviterait lui-même un troisième collègue, et ainsi de suite, de sorte que nous aurions une solidarité vigilante dans nos laboratoires. Bien sûr, on pourrait penser que les évaluations quadriennales sont l’occasion de faire ces travaux, mais pourquoi attendre, et ne pas, d’emblée, organiser nous-mêmes de telles visites ?

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