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Nous ne sommes pas un laboratoire d’analyses

Le blog de Herve This : http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html->http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html]
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Sans doute parce que je fais environ une invention "culinaire" par mois depuis plus de 16 ans, certains confondent mon activité scientifique (nommée "gastronomie moléculaire") et la cuisine. Et quand j’essaie d’expliquer, notamment en expliquant que nous faisons des analyses, d’autres (ou les mêmes) confondent notre activité scientifique avec des activités d’analyses telles que les pratiques des laboratoires privés.
Il faut donc clarifier.

Clarifions

Oui, clarifier en observant que les scientifiques sont payés par l’Etat, donc les contribuables, pour faire de la recherche scientifique, de sorte que toute activité qui ne serait pas de la recherche scientifique serait en réalité un détournement des fonds publics.
Et voilà pourquoi nos interlocuteurs qui nous reprochent de ne pas faire les analyses dont ils ont besoin n’ont pas raison de faire ces critiques. L’analyse, c’est de l’analyse, et pas de la recherche scientifique.

Pourquoi ? Pour le comprendre, il faut comprendre ce qu’est l’analyse, d’une part, et la recherche scientifique, d’autre part.
L’analyse, tout d’abord. Prenons un exemple, d’une société qui vend un procédé de fumage des aliments, et qui voudrait savoir combien son procédé dépose de benzopyrènes cancérogènes dans les produits fumés.
Pour un tel cas, les méthodes d’analyse sont au point, et il y a des "laboratoires", à savoir des sociétés qui mettent en oeuvre des méthodes et des techniques éprouvées, à façon. Une société a un besoin, une autre société lui fait le service, et elles échangent un résultat d’analyse contre de l’argent.

Ce qui crée la confusion, c’est le mot "laboratoire", car il est exact que la recherche scientifique se fait effectivement dans des laboratoires. Et il est vrai que, dans notre cas, nous effectuons aussi des analyses... mais ces dernières ne viennent qu’au service d’un objectif bien différent de celui des laboratoires d’analyse évoqués précédemment. Si nous faisons une analyse, c’est parce que nous sommes à la recherche des mécanismes des phénomènes, dans le mouvement (1) identification d’un phénomène ; (2) caractérisation quantitative de ce phénomène ; (3) réunion des données quantitatives obtenues en "lois" (pensons : équations) ; (4) recherche de mécanismes quantitativement compatibles avec les lois ("théories" : systèmes d’équations, introduction de nouveaux objets) ; (5) recherche de prévisions théoriques fondées sur les théories produites ; (6) tests expérimentaux des prévisions.
Tout travail qui ne s’inscrit pas dans ce schéma est hors sujet, une sorte de détournement de l’argent de l’Etat.
Or le dosage de bennzopyrènes n’a aucun intérêt a priori, sauf si l’on s’intéressait par exemple aux mécanismes de production de ces benzopyrènes.
Pourquoi n’examinerions-nous pas cette question ? Après tout, il y a un phénomène, à savoir la production de benzopyrènes, et cela "rendrait service" que de comprendre les mécanismes de ce phénomènes. Certes, mais la recherche scientifique a l’objectif supérieur de la "découverte", laquelle ne se fait sans doute pas en changeant d’objet d’étude au gré des solllicitations, par des particuliers ou par des entreprises.
Pour notre Groupe de gastronomie moléculaire, nous nous focalisons sur les transformations qui ont lieu lors de la transformation des ingrédients en aliments, de sorte que, oui, l’apparition de benzopyrènes tombe dans notre champ... mais pas pour répondre à une société particulière. Si nous devions nous intéresser à la fomation de benzopyrènes lors du fumage, nous devrions préparer des sytèmes modèles, bien particuliers, afin d’avoir des chances de comprendre les phénomènes. Et le dosage particulier de benzopyrènes formés lors d’un procédé particulier n’a aucun intérêt pour le but visé.

Sans compter, enfin, que les services de l’Etat ne sont pas là pour faire concurrence aux laboratoires d’analyse privés. Ils peuvent contribuer à améliorer les méthodes ou techniques, afin que l’industrie française de l’analyse soit parfaitement concurrentielle ; ils peuvent former des étudiants à des techniques et méthodes améliorés ; mais les techniques et méthodes nouvelles doivent être mises en oeuvre par des sociétés privées, sans que l’Etat ne fasse de concurrence en quelque sorte déloyale au secteur privé... mais c’est là un débat politique sur lequel je ne crois pas utile de m’engager, et je le clos en observant que l’Etat est au service de tous, et pas de un en particulier.

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