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Pas d’arbitraire pour la communication orale

Le blog de Hervé This : http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html->http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html]

Face à une présentation orale récente, je me suis étonné de son caractère arbitraire, et la question que je pose ici est : ne faut-il pas tout décider ?

Partons donc de cette présentation. Elle était fondée sur l’usage d’un document PowerPoint, c’est-à-dire produite à l’aide d’un logiciel bien adapté à la fonction de présentation orale. Toutefois la personne qui montrait le document PowerPoint avait sélectionné un masque avec des espèces de boules couleur qui gênaient la lecture, dès la première diapositive.
Les boules étaient vertes. Pourquoi ? Notre ami n’a pas su répondre autres choses que « j’aime bien ». En l’occurrence, une analyse qui n’a pas besoin d’être fouillée montre que cette présentation n’était pas destinée à celui qui la faisait, mais à ceux qui la regardaient, et si moi qui regarde n’aime pas la couleur choisie, alors notre ami était en faute, puisqu’il perdait l’adhésion d’un de ses interlocuteurs.
Et puis, pourquoi des disques de couleur ? « Je ne sais pas » était la réponse.
Les titres des diapositives étaient dans un bandeau qui mangeait une bonne partie de l’image, de sorte que notre ami se retrouvait avec des informations rétrécie. Pourquoi ce bandeau ? « Je ne sais pas », était encore la réponse.
Pourquoi la couleur des titres ? « Je ne sais pas » était la réponse.
Les diapositives n’étaient pas numérotées, et, j’ai interrogé notre orateur pour savoir pourquoi : « je ne sais pa » était la réponse.
Alors qu’il s’agissait d’une présentation scientifique, il n’y avait pas de référence en bas des diapositives. Pourquoi ? « Je ne sais pas ».

Ce « je ne sais pas » m’a fait penser immédiatement au comportement d’un étudiant venu en stage il y a longtemps. Il venait d’une famille où les parents s’occupaient peu des enfants, et notre jeune ami avait un comportement surprenant. Parfois il arrivait à 9 heures, parfois à 10 ou à 11 heures. Pourquoi ? « Je ne sais pas », était la réponse. Certains jours, il était coiffé d’un chapeau, d’autres pas. Parfois il avait une écharpe alors qu’il faisait chaud, et parfois il grelottait parce qu’il était en manches courtes alors qu’il faisait froid. Pourquoi des manches courtes ? « Je ne sais pas ».
J’arrête ici ma litanie, parce que tout le monde a compris le point que je voulais mettre en avant.
La question d’un rapporteur, c’est-à-dire une personne bienveillante qui s’interroge sur les raisons des travaux est précisément de s’assurer que rien n’est laissé au hasard, qu’il y a une vraie raison à l’appui de la volonté d’atteindre un objectif. Dans le cas d’une présentation orale, l’objectif peut être de bien expliquer un travail ; dans le cas des vêtements, l’objectif peut être de se couvrir, mais aussi de s’insérer socialement, d’afficher l’appartenance à un groupe. Quelle que soit l’option choisie, l’objectif ne sera atteint que si les moyens ont été mis en œuvre pour y parvenir, et le hasard n’est pas une bonne chose : imaginons qu’on soit à Paris avec l’objectif d’aller à Colmar ; si nous faisons des pas au hasard, la probabilité d’atteindre notre but sera évidemment très faible.

De tout cela découle une règle simple : nous devons apprendre à nous interroger sur les raisons de nos choix.
Ces choix peuvent être techniques, technologiques, scientifiques, artistiques, philosophique, moraux… Pour moi, je propose de relire Micromégas, conte philisophique de Voltaire où deux géants de Sirius et de Saturne s’étonnaient du comportement des êtres humains. Ou bien les Lettres persanes, dont Micromégas était un avatar. Il y a un regard extérieur, étonné, parce que, dans les deux oeuvres, les "évaluateurs" ne voient pas les raisons des actes des humains.
Dans tous les cas, une bonne façon de ne pas faire les choses au hasard, c’est-à-dire en réalité avec négligence ou paresse, consiste à se préparer à répondre à la question : pourquoi avez vous fait cela ainsi ? Evidemment la question n’est pas suffisante, car on imagine que quelqu’un puisse répondre : « parce que j’ai envie », ou « parce que cela me plait », mais il ne faut pas faire la bête, car s’il y a un objectif, c’est en vue de l’objectif que la réponse doit être donnée.
Ce qui conduit aussitôt à l’observation suivante : l’objectif est premier ; il doit être clair, et il est peut-être honnête de l’afficher explicitement, de sorte que le bon rapporteur peut avoir à coeur de commencer ses interrogations par une discussion de l’objectif visé.
C’est en fonction de l’objectif que les choix doivent être faits, et l’évaluateur, connaissant l’objectif, pourra juger sainement de l’adéquation des moyens mis en oeuvre à l’objectif visé. Juger, ou questionner. Et la seule chose qu’il ne faudrait pas répondre est "Je ne sais pas" !

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