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Réduire le plus possible les quantités d’échantillons

Le blog de Herve This : http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html->http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html]
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Certains d’entre nous se souviennent que, en 2006, l’Ecole de chimie de Mulhouse a connu un grave accident de laboratoire… qui a encore tué. Naguère, on reconnaissait les chimistes à un œil ou une main en moins, mais comment supporter encore cela ? Il est évidemment à la fois dramatique et anormal qu’une telle catastrophe ait pu avoir lieu… mais c’est un fait que le mot « microchimie » reste insuffisamment prononcé dans les enseignements de la chimie, et que la microchimie elle-même ne soit pas la règle pour les travaux pratiques (bien sûr, on comprend que, ultérieurement, les étudiants puissent manipuler avec des pilotes qui traiteront des quantités supérieures… mais cela sera pour plus tard).
Manipuler des quantités notables de réactifs, c’est d’abord s’exposer à des dégâts considérables, si ces réactifs explosent, et c’est donc augmenter inutilement les risques. On ne répétera pas assez que l’explosion d’un gramme de réactif des dégats terribles qu’un milligramme ne ferait pas !
Mais ce n’est pas tout. Manipuler des quantités notables de réactifs, cela coûte aussi beaucoup plus cher : certains réactifs coûtent plusieurs centaines d’euros par microgramme ! De sorte que des étudiants qui n’auront pas appris à manipuler de petites quantités n’auront en réalité pas été convenablement formés.
D’autre part, qui dit quantités notables de réactifs dit quantités notables d’effluents qu’il faudra éliminer. Mais il y aura aussi des quantités considérables de solvants, souvent organiques, dangereux… Il y aura donc les risques augmentés de ces solvants, qui s’ajouteront aux risques de manipulation des réactifs et des produits… en n’oubliant pas que l’explosion n’est qu’un des risques : il peut y avoir aussi de la pollution, des empoisonnements, etc.
Bref, risque, argent, énergie… Il y a tout de mal, si l’on manipule des données notables de réactifs… mais il y a aussi, là, une mauvaise pratique que l’on dépiste si l’on se souvient que c’est une bonne pratique que d’être toujours capable de justifier ce que l’on fait. Or pourquoi utiliser plus qu’un gramme si un milligramme suffit ?

On voit donc que la manipulation de quantités notables de composés est une erreur, trop souvent entretenue ou suscitée par l’enseignement, et je maintiens donc que les collègues ne font pas correctement pas leur travail s’ils ne proposent pas systématiquement des travaux pratiques de microchimie. Les étudiants sont habitués à voir des quantités considérables de produits, au point même qu’il leur paraît anormal de manipuler des quantités plus petites.
L’enseignement n’est pas seul concerné : c’est donc une bonne pratique que de planifier les expériences pour lesquelles les quantités de réactifs et produits sront minimisées d’emblée.
Cela impose de partir de la fin des expérience et de remonter toute la chaîne. C’est parce qu’un appareil de mesure nécessitera un milligramme de produit seulement que l’on fera tout pour arriver à quelques milligrammes, pas plus. Et si l’appareil se contente (si l’on peut dire ;-)) de nanogrammes, on aura raison de n’utiliser que des nanogrammes.

La microchimie s’impose, par conséquent… ainsi que l’histoire de la chimie, qui montre bien comment nos prédécesseurs avaient des vies compliquées et dangereuses, quand ils devaient extraire des quantités d’hormones à partir de milliers de litre d’urine de juments gravides. Les laboratoires de la Société Roussel, près de Paris, étaient associés à des écuries ! Nos outils d’analyse considérablement perfectionnés nous permettent d’éviter ces volumes pharamineux d’échantillon.
Dans la même veine, on se souviendra de l’extraction d’éléments radioactifs par Pierre et Marie Curie à partir de tonnes de pechblende qui étaient livrées rue Vauquelin par des charrettes. On comprend ipso facto les milliers de litres d’eau qu’il a fallu pour faire les extractions, l’énergie considérable qu’il a fallu utiliser pour chauffer cette eau, la pollution qui en a résulté, mais aussi le risque terrible que couraient nos physico-chimistes, en s’exposant à des doses de radium qui atteignaient un gramme ! L’histoire, c’est l’histoire, et nous devons tirer des leçons du passé pour éviter ses erreurs. Si Pierre Curie est mort d’un accident de la route, Marie Curie, elle, est bien morte des effets délétères des éléments radioactifs qu’elle préparait.
Nous avons une responsabilité très grande à conduire nos jeunes collègues (étudiants, doctorants, post-doctrants) à utiliser des quantités de réactifs et de produits aussi faibles que possibles, et c’est donc là une bonne pratique qui s’ajoute à la bonne pratique qui consiste à n’utiliser que le minimum nécessaire.

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