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Repousser les frontières du savoir

Comparaison n’est pas raison, dit-on, et cela est souvent vrai. Ici, je pose la question de savoir si parler de "repousser les limites des la connaissance" est utile, ou nuisible.

Commençons avec Antoine Laurent de Lavoisier, un homme extraordinaire qui eut le malheur de "réussir" à une époque où le peuple a fait la peau des "élites". La Révolution française mit fin à la royauté, aux abus de l’aristocratie, qui ne justifiait plus sa position dominante en risquant sa vie pour la communauté et qui, au contraire, s’était isolée dans un tour d’ivoire dorée (si l’on peut dire), oisifs décadents qui méprisaient le peuple. Il y eut du bon dans cette affaire née des Lumières... mais il y eut des dégats collatéraux. Faraday était fermier général, et il s’était fait des ennemis terribles, tel Marat, dont les divagations scientifiques n’avaient pas été acceptées (et pour cause), par l’Académie des sciences, dont Lavoisier était un pilier. Pire : Lavoisier, rationnel, avait cherché des moyens de faire payer des impôts, et était de ceux qui avaient faire des barrières autour de Paris, pour taxer les denrées. Il avait oeuvré pour régulariser la taxation du tabac, aussi, oubliant que les vendeurs de tabac, dont les cafetiers d’aujourd’hui sont des descendants, étaient puissants par la proximité avec les consommateurs.

Bref, Lavoisier fut décapité : la Révolution fit tomber en quelques secondes une tête telle qu’il n’y en avait guère, même en l’espace de plusieurs siècles (la déclaration d’un de ses amis de l’Académie des sciences).

La Révolution abolit l’Académie, supprima la Sorbonne, l’Université : ces lieux semblaient être des foyers de "privilèges", insupportables à beaucoup de gens honnêtes... ou malhonnêtes : le tribunal qui jugea Lavoisier, par exemple, était constitué de beaucoup de malhonnêtes qui avaient profité des troubles pour surnager. Méfions-nous des malhonnêtes et des méchants : la punition n’est souvent pas suffisante pour les remettre dans le droit chemin

Mais là n’est pas l’objet de ce billet. Je voulais surtout discuter le fait que Lavoisier reconnut l’oxygène comme un élément chimique essentiel, notamment dans des acides (l’acide sulfurique, l’acide nitrique...). Lavoisier parlait du "principe oxygène", et il le voyait dans tous les acides, ce qui n’est pas exact : l’acide chlorhydrique est obtenu par dissolution de chlorure d’hydrogène dans l’eau, mais le chlorure d’hydrogène est fait de chlore et d’hydrogène, pas d’oxygène.

Devons-nous cesser d’admirer Lavoisier parce qu’il s’est trompé ? Je propose au contraire de considérer que Lavoisier repoussa plus que ses contemporains les "limites de la connaissance", les "frontières de la connaissance. Nous y sommes : cette description semble assimiler la connaissance à un pays, avec des frontières : il y aurait le champ cultivé bordé par la forêt, et la recherche scientifique serait comme le travail du bucheron, qui continuerait d’éclaircir le territoire.

La comparaison est-elle exacte ? Si l’on parle de découverte, on imagine une autre comparaison : celle du marin qui sillonne la mer et qui découvre une nouvelle terre. Toutefois, des discussions avec mon ami Jean-Marie Lehn me montrent aussi d’autres façons de faire de la recherche scientifique, et, notamment, "considérer tout fait expérimental comme un cas particulier de cas généraux que nous devons inventer". Cette fois, on imagine le monde où nous vivons, et un monde "supérieur" (Cyrano de Bergerac aurait dit "supralunaire"), où seraient des catégories générales. Ce qui fait immanquablement penser à la "caverne" de Platon : nous ne verrions que l’ombre de la vérité projetée sur la paroi d’une caverne où nous serions condamnés à demeurer.

Cela fait beaucoup de métaphores différentes. Mais pour produire des connaissances, l’une d’entre elles est-elle meilleure que les autres ?

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