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Une question d’enseignement : l’élégance

Souvent j’ai discuté d’élégance, et je me suis demandé, par exemple, comment le baroque pouvait en avoir. Le baroque est un style reconnu a posteriori par les criques d’art, qui est fait d’accumulations, d’ajouts... Mais pas seulement : il y a aussi la réunion des contraires qui sous-tend ce style dont le nom signifie étymologiquement « perle irrégulière ».

Dans mes discussions, je m’interrogeais sur l’élégance éventuelle du baroque, mais je m’aperçois maintenant que j’avais insuffisamment questionné la question d’élégance.

De quoi s’agit-il ? Par « élégance », on suppose a priori des lignes pures, de la simplicité, et, évidemment, c’est bien le contraire du baroque, de sorte que, dans cette acception de l’élégance, non, le baroque n’est pas élégant. Mais est-ce grave ? La simplicité est-elle indispensable ? Il y a ce sancta simplicitas qui est sur nous comme une chape de plomb, un certain rigorisme voudrait nous faire croire que la simplicité est le nec plus ultra, mais devons nous le croire vraiment ? On peut aussi dire que l’accumulation, c’est-à-dire le travail, est bien plus important que la simplicité, de sorte que l’on se moque complètement que le baroque soit élégant ou non ; il suffit qu’il y ait de la beauté.

Se pose maintenant une question différente, celle de savoir si l’accumulation peut être belle. Pour cette question, les choses sont beaucoup plus simples, surtout si l’on conserve l’hypothèse que j’avais faite il y a quelques années, selon laquelle le beau résulterait de la construction de l’œuvre. L’accumulation n’est pas nécessairement au hasard, et l’on conçoit alors que puisse être belle une œuvre construite, mais pour laquelle la colonne vertébrale s’embellit d’ajouts nombreux, tous nécessaires. D’ailleurs, dans la définition du baroque, la « tension entre les contraires » est une façon, une manière devrais-je dire, d’ajouter à la construction.

Reste la question de la lisibilité, puisqu’on se souvient d’un billet précédent que je suis préoccupé de l’efficacité de l’enseignement (supérieur, surtout, mais la question est générale).

Il est vrai que l’esprit s’égare quand l’œuvre se limite à comporter mille détails accumulés, et il est également vrai que, si aucun détail n’est saillant, aucun n’est mémorable. La lisibilité, de ce point de vue, serait donc la préparation par l’artiste d’un élément saillant, mémorable. A ce propos, je me souviens d’un article bien fait par un éditeur qui discutait ce qu’il avait nommé la "phrase magique" : dans un texte, quand celui-ci terminé, l’auteur devrait ajouter quelque part, plutôt vers la fin, une phrase tout à fait mémorable.

Je me souviens d’ailleurs avoir joué à ce jeu... passant autant de temps à chercher la phrase magique qu’à écrire le texte, et, effectivement, à obtenir l’effet voulu, à savoir que la phrase fit mouche. Dans d’autres arts, cette idée peut être efficace, mais elle est un peu simplette, car pourquoi résumer la mémorabilité à une seule phrase ? Ce pourrait être tout autre chose : un mot, une construction, etc. Je conserve donc plutôt l’idée que la lisibilité résulte plutôt d’un élément saillant de l’œuvre, quel qu’il soit.
A ce stade, l’élégance est bien oubliée, et, surtout, elle peut être même critiquée pour être une simplification paresseuse. De même que je me suis fait berner par le concept de « poussière du monde » développé par le peintre chinois Shitao, je m’en veut d’avoir accepté si facilement son idée d’unique trait de pinceau, idée qui fit le titre de son traité d’esthétique. Shitao observe qu’il faudrait préparer le trait de pinceau afin de l’exécuter parfaitement du premier coup, car on ne pourrait jamais le corriger. Pourquoi pas... mais est-ce vrai ? Après tout, la gomme n’est pas faite pour les chiens, et le rigorisme qui consiste à imposer aux autres cet unique trait de pinceau est au fond un impérialisme détestable. L’unique trait de pinceau, c’est une thèse, et rien de plus, tout comme l’élégance, et le baroque, pour en terminer, a toute sa place dans le monde de la beauté, pour peu... que les œuvres soient belles !

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