Les suidés au Proche-Orient ancien : de la domestication au tabou

 

Philippe ABRAHAMI (Université Lyon II) : Les porcs dans le corpus divinatoire

La présente communication propose de faire le point sur les mentions relatives aux porcs dans les grands traités divinatoires. Parmi ces recueils, le Šumma ālu représente un texte majeur. La version standard, fixée au 7ième siècle av. J.-C. en Assyrie, contient un nombre important de présages tirés de l’observation des animaux et de leurs comportements. Sur les 107 tablettes qui composent ce recueil dans son édition « canonique », une trentaine environ concerne le règne animal. La 45ième tablette de cette série traite du porc et de la truie (au total on dispose ainsi d’environ 150 prédictions). Les signes inventoriés prennent en compte le comportement du porc (s’il grince des dents par exemple) en précisant souvent l’endroit où se trouvait l’animal (la rue, la place, dans une maison…). D’autres interprétations divinatoires sont associées à ses caractéristiques physiques. La signification du signe (apodose) intéresse la collectivité (« la ville » ; « le pays » ; « l’armée ») et parfois le « roi ». Le plus souvent, c’est le propriétaire de l’animal ou de la maison dans laquelle s’est introduit le porc qui est concerné. Des prédictions en rapport avec le porc se trouvent également dans d’autres recueils divinatoires : le Šumma Izbum (présages associés aux naissances monstrueuses) ; le traité des diagnostics et pronostics médicaux et le Šumma alamdimmû (présages en lien avec la morphologie du corps humain). Dans le cadre de ce colloque, il nous est apparu intéressant de présenter l’ensemble de cette documentation.